Neil Young, «old man» inoxydable et inspiré pour un 41e album

Publié le 24 Décembre 2021

« Barn », le 41e album du très prolifique « loner », est l’un des plus réussis depuis longtemps. Enregistrée avec les fidèles Crazy Horse, cette collection de dix chansons est très variée, mêlant morceaux folk et orages rock.

Neil Young et ses vieux potes du Crazy Horse ont enregistré dans une grange. Ceux qui l’ont vu sur scène le savent, c’est un bison.

Neil Young et ses vieux potes du Crazy Horse ont enregistré dans une grange. Ceux qui l’ont vu sur scène le savent, c’est un bison.

Neil Young a toujours une actualité. Cela vaut depuis le début de sa carrière commencée en 1963 avec The Squires, mais encore plus ces dernières années. Neil Young, c’est désormais 41 albums et près de 1 200 morceaux. En 2020-2021, il a exhumé quatre albums live (ce Carnegie Hall 1970 !), publié un album oublié (Homegrown), le deuxième volet de ses archives, réédité After the Gold Rush, l’un de ses chefs-d’œuvre. Et voilà donc une collection de toutes nouvelles chansons. C’est la première depuis le décevant Colorado sorti il y a deux ans.

On a coutume de dire qu’en dehors de sa période bénie des années 70, il y a toujours un ou deux bons titres dans les disques de Neil Young – sous-entendu aussi beaucoup de gâchis. Barn en contient un peu plus. Enregistré dans une grange (« barn ») avec ses vieux potes du Crazy Horse, ce groupe de pub débauché il y a cinquante ans, l’album explore toutes les facettes de Neil Young.

« Don’t Forget Love ». Message intemporel comme son timbre, sa guitare, son harmonica. Young est éternel.

Il s’ouvre avec une ballade qui n’aurait pas dépareillé dans Harvest  : harmonica, guitare sèche, Song of Seasons respire la permanence. Sa bonne vieille électrique Gibson « Old Black » reprend du service dès le titre suivant. Puis un country-blues brinquebalant et son piano honky tonk viennent nous rappeler que Neil Young comme Bob Dylan sont les colporteurs des musiques traditionnelles américaines. Ou plutôt Canerican pour ce qui est du « loner ». « I am Canerican, Canerican is what I am », chante-t-il dans la très enthousiasmante chanson du même nom. Neil Young est né et a grandi au Canada, mais il a obtenu la nationalité américaine en janvier 2020, notamment pour pouvoir voter. Très engagé, il a soutenu Bernie Sanders et il s’était ardemment opposé à ce que Donald Trump utilise sa chanson Rockin’ in a Free World. Dommage que la fin de ce Canerican n’ait pas du tout été travaillée car c’est l’un des deux titres les plus enlevés avec l’orageux et très réussi Human Race. Quel contraste avec la pureté et la beauté du titre précédent, We Might Be Lost.

Et puis, à 76 ans, Neil Young a peut-être réussi à écrire un titre qui mérite son panthéon. Nous verrons à l’épreuve du temps, mais les 8’28 de Welcome Back ont tous les ingrédients des grandes chansons youngiennes. Le désormais « old man » (une de ses plus belles compositions) clôt son disque en chantant Don’t Forget Love. Message intemporel comme son timbre, sa guitare, son harmonica. Young est éternel.

Neil Young, «old man» inoxydable et inspiré pour un 41e album
Kurt Cobain

Dans les nombreux articles sur les trente ans cette année de la sortie de Nevermind, on a pu lire que dans sa lettre d’adieu, Kurt Cobain avait cité une phrase de la chanson Hey Hey, My My de Neil Young : « Mieux vaut brûler franchement que s’éteindre à petit feu.  » Très touché, Neil Young a raconté dans ses mémoires avoir essayé de contacter Cobain quelques jours avant sa mort « pour lui dire que je pensais qu’il était génial, qu’il devait faire exactement ce qu'il voulait et qu’il devait envoyer se faire foutre tous les autres ».

Rédigé par La Voix du Nord par Laurent Decotte

Publié dans #Articles de presse

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