Robin Le Mesurier, le «frère» guitariste de Johnny Hallyday, est mort

Publié le 23 Décembre 2021

L’Anglais Robin Le Mesurier, le plus fidèle guitariste de Johnny Hallyday, à ses côtés de 1994 à 2017, est décédé d’un cancer ce mercredi à l’âge de 68 ans. Musicien de studio et de scène, compositeur, il avait aussi collaboré dans les années 80 avec Rod Stewart.

Robin Le Mesurier, guitariste de Johnny Hallyday, le 30 novembre dernier, à Los Angeles. LP/Olivier Arandel

Robin Le Mesurier, guitariste de Johnny Hallyday, le 30 novembre dernier, à Los Angeles. LP/Olivier Arandel

Nous l’avions revu il y a seulement trois semaines chez Laeticia Hallyday, à Los Angeles. Nous l’avions trouvé un peu fatigué, le visage plus pâle que d’habitude, la voix blanche. Avec sa discrétion et son élégance légendaires, Robin Le Mesurier se battait secrètement contre un cancer, mais il tenait à être présent ce jour-là avec son épouse, pour se souvenir de son « frère » Johnny, à l’occasion de la sortie d’un documentaire sur leur tournée américaine en 2014. Quand il nous a quittés avec une accolade, jamais nous n’aurions pensé apprendre sa disparition si peu de temps après, à l’âge de 68 ans.

Ce sont ses amis musiciens qui ont partagé la terrible nouvelle ce mercredi soir sur leurs réseaux sociaux, ses complices dans le groupe de Johnny : le batteur Geoff Dugmore, l’harmoniciste Greg Zlap, mais aussi Julian Lennon, le fils de John. Car Robin Le Mesurier avait beau être né à Londres de parents comédiens, il avait émigré aux Etats-Unis il y a bien longtemps. D’abord à New York puis à Los Angeles, où il a longtemps vécu près de Johnny, qu’il a accompagné de 1994 à 2017. Il y avait déménagé peu de temps avant de commencer à jouer avec Ron Wood, sur son album solo « 1234 », puis avec Rod Stewart, avec lequel il est resté de 1980 à 1986, sur scène et en studio sur quatre albums, dont les très populaires « Body Wishes » et « Camouflage ». Fan depuis l’enfance des Faces, leur groupe commun, il avait réalisé un rêve en participant à un concert de reformation en 2015.

Sa rencontre avec Johnny remonte à son album en anglais « Rough Town », en 1994. Robin Le Mesurier avait vu deux de ses compositions, deux blues, « Fool For The Blues » et « Are The Chances Gone », prises par « le Taulier ». « La première fois que j’ai rencontré Johnny, à Los Angeles, c’est comme si nous nous étions toujours connus, nous racontait le 30 novembre son guitariste. Et nous ne nous sommes plus quittés. En 23 ans de collaboration, nous n’avons jamais eu un seul désaccord. Notre relation a duré beaucoup plus longtemps que bien des couples. C’était un homme et un ami extraordinaire. »

C’est aussi ce que pensait Johnny de Robin. Les équipes ont souvent changé autour de lui, mais son guitariste est toujours resté. Des années 90 au creux de la vague à la renaissance avec l’album « Sang pour sang », du Stade de France 1998 à La Madeleine, pour rendre hommage il y a quatre ans à son ami défunt avec ses musiciens. Robin Le Mesurier aimait raconter cette anecdote, qui en disait long sur leur lien fraternel. « On avait suggéré une fois à Johnny de me remplacer mais il avait répondu : Non, Robin, c’est mon sang. » Johnny manquait tellement au guitariste aux faux airs de Keith Richards qu’il a écrit un livre, « Mes 1000 concerts avec Johnny », il y a deux ans. Lors de notre dernière rencontre, Laeticia Hallyday nous avait présenté Robin Le Mesurier, comme « un membre de la famille ». Et la grande famille Hallyday, ce soir, est en deuil.

Rédigé par Le Parisien par Eric Bureau

Publié dans #Articles de presse

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