Michael Nesmith, chanteur et guitariste des Monkees, est mort

Publié le 13 Décembre 2021

Michael Nesmith, auteur-compositeur-interprète des Monkees, est décédé vendredi à l’âge de 78 ans.

© Michael Ochs Archives/Getty Images

© Michael Ochs Archives/Getty Images

Le chanteur et guitariste des Monkees, Michael Nesmith, est mort vendredi de causes naturelles, à l’âge de 78 ans. Ce visionnaire de la pop a écrit bon nombre des chansons les plus connues du groupe avant de jeter les bases du country rock avec le First National Band au début des années 70.

« C’est avec un amour infini que nous annonçons la mort de Michael Nesmith ce matin à son domicile, entouré de sa famille, paisiblement et de causes naturelles, a déclaré sa famille dans un communiqué. Nous vous demandons de respecter notre intimité et nous vous remercions pour l’amour et la lumière que vous nous avez offert, à lui comme à nous ».

Nesmith était connu comme le Monkee au bonnet de laine vert avec un fort accent texan. Il est l’auteur de chansons comme « Mary, Mary« , « Circle Sky« , « Listen to the Band » et « The Girl I Knew Somewhere« . Mais en coulisse, il s’insurgeait contre le fait que le groupe n’avait pas le contrôle créatif de ses albums, et en 1967, il mène avec succès une rébellion contre le producteur de disques Don Kirshner. Le groupe sortira par la suite Headquarters et d’autres albums créés en grande partie par lui-même.

Dans une interview accordée en 2012 à Rolling Stone, Nesmith a expliqué pourquoi il tenait tant à ce que les Monkees écrivent et enregistrent leurs propres morceaux malgré l’énorme succès qu’ils rencontraient à l’époque. « On était des gamins avec nos propres goûts musicaux et on préférait jouer des chansons qu’on aimait (et/ou qu’on avait écrites) que celles qu’on nous donnait. Ça donnait de meilleures performances. C’était plus amusant. Ça m’a semblé étrange que ça puisse être un sujet de disputes. Où est le problème, pourquoi vous ne nous laissez pas jouer les chansons que nous chantons ?« .

Avant de rejoindre les Monkees, Nesmith a écrit une chanson de rupture intitulée « Different Drum« . Les producteurs des Monkees « lui ont dit : ‘Ce n’est pas une chanson des Monkees’, expliquait Micky Dolenz à Rolling Stone en 2016. Michael a répondu : ‘Attendez, mais je fais partie des Monkees.’ Il l’a donnée à Linda Ronstadt, et tout le monde connaît la suite de l’histoire. »

Lorsque les Monkees se sont dissous à la fin des années 60, Nesmith a formé le First National Band. Et malgré l’enregistrement de trois albums considérés comme des classiques de country-rock, il lui est presque impossible d’échapper à l’ombre des Monkees. Le groupe se sépare peu avant que les Eagles sortent leur tube « Take It Easy« .

« J’avais le cœur brisé, racontait Nesmith à Rolling Stone en 2018. Je ne pouvais même pas prononcer les mots ‘Eagles’. J’adorais Hotel California et j’adore les Eagles, les Flying Burrito Brothers, et Sweetheart of the Rodeo des Byrds. C’était exactement mon genre de truc, et j’étais angoissé, comme Van Gogh (sans vouloir me comparer à lui), je voulais me couper quelque chose parce que je me demandais : “Pourquoi ? Les Eagles ont maintenant l’album le plus vendu de tous les temps, et le mien reste dans le placard d’une maison de disques qui a mis la clé sous porte ?” ».

Nesmith a passé le reste des années 1970 à enregistrer des albums solo discrets. En 1977, il fait la promotion de son single « Rio » à l’aide d’un clip brillant qui est largement diffusé en Europe et en Australie, faisant de la chanson un petit succès. C’est ce qui lui a donné une idée incroyable. « [J’ai compris que] la radio est aux disques ce que la télévision est à la vidéo, expliquait-il à Rolling Stone en 2013. Ensuite, j’ai eu un moment de lucidité, et c’est comme ça qu’est née MTV. J’ai juste pris cette idée, j’ai mis en place quelques programmes et je les ai envoyés à Warner Bros. Et tout d’un coup, c’est parti. »

La vie de Michael Nesmith changé en 1980 lorsque sa mère, Bette Nesmith Graham, inventrice du blanco, décède et lui laisse une fortune importante. Il utilise l’argent pour investir dans une série d’entreprises et dans des films comme La Mort en prime et Tapeheads. Il n’a pas participé à la réunion des Monkees dans les années 1980, ce qui a donné la fausse impression qu’il avait honte de son passé pop. « C’est tout le contraire, se défendait-il dans Rolling Stone en 2013. C’était une belle partie de mon CV. C’était amusant pour moi, un grand moment de ma vie. Où auriez-vous envie d’être dans les années 1960, si ce n’est dans le milieu du rock & roll ? Londres était une explosion absolue, tout comme Los Angeles. Il se passait tellement de choses à l’époque. »

Il retrouve les Monkees en 1996 pour l’album Justus et une brève tournée au Royaume-Uni, mais ne reviendra pas de façon permanente avant 2012, lorsque les membres survivants ont entamé une tournée après le décès de Davy Jones. Une série de tournées américaines a suivi, et il a participé à Good Times!, leur album de 2016.

Les Monkees avaient lancé une tournée d’adieu cette année et ont joué leur dernier concert au Greek Theater de Los Angeles le 14 novembre.

En dépit de tout cela, Michael Nesmith n’a jamais été tout à fait sûr que les Monkees, formés par des producteurs de télévision, étaient un vrai groupe. « On a tous les trois notre propre idée, expliquait-il à Rolling Stone en 2016. On se demande : ‘C’est quoi ce truc ? Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qu’on attend de nous ? Est-ce un groupe ? Est-ce une émission de télévision ?’ Quand on revient aux origines, c’est une émission de télévision, avec tous ses éléments traditionnels. Mais il se passait autre chose, et c’est devenu bien plus grand que l’idée initiale. Vous frappez le gong, et soudain c’est énorme« .

Rédigé par Rolling Stone par Andy Greene traduit par la rédaction

Publié dans #Articles de presse

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