Le disque du jour : l’échappée belle de Rory Gallagher

Publié le 31 Octobre 2021

Le premier disque de la carrière solo de Rory Gallagher fait l’objet d’une luxueuse réédition. 50 ans après, l’émotion est intacte… ou inédite si l’on est passé à côté de cet acte fondateur du bluesman irlandais.

Rory Gallagher pour ses premiers pas en solo en 1971. Photo Barrie WENTZELL1 /2

Rory Gallagher pour ses premiers pas en solo en 1971. Photo Barrie WENTZELL1 /2

Rory Gallagher - 50th anniversary edition.   (Polydor)2 /2

Rory Gallagher - 50th anniversary edition. (Polydor)2 /2

L’histoire des power trios mythiques aura souvent suivi la trajectoire de comètes disparues trop vite à la fin des années 60. L’Expérience de Jimi Hendrix n’a pas survécu au décès de son mentor. Quant au Cream d’Eric Clapton, il se séparait dès 1968 tandis que l’on découvrait le trio irlandais Taste emmené par un certain Rory Gallagher.

Deux ans plus tard, le groupe donne au festival de l’île de Wight l’un de ses derniers concerts. Guitariste virtuose et chanteur inspiré, Rory Gallagher a choisi de faire cavalier seul. Rejoint par Gerry McAvoy à la basse, Wilgar Campbell à la batterie et le pianiste Vincent Crane, il ne tarde pas à entrer en studio pour peaufiner son nouveau répertoire.

Une redécouverte émouvante

L’album éponyme de Rory Gallagher sort en mai 1971 et rencontre un succès prometteur au Royaume-Uni, en Belgique, en Allemagne et en Suisse. Le disque n’en demeure pas moins relativement méconnu jusqu’à ce qu’on le réédite à l’occasion de son 50e anniversaire en version bonifiée (sur deux ou quatre CD suivant les formats).

Une redécouverte fort émouvante tant le son de ces enregistrements a été parfaitement dépoussiéré. Comme si Rory chantait et jouait à côté de vous… L’Irlandais à la guitare déjà marquée par l’usure, réinvente le blues comme il sait si bien le faire sur des titres géniaux comme Wave Myself Goodbye ou For The Last Time. L’art du riff n’a aucun secret pour lui comme on peut l’entendre sur Landromat ou Hands Up. Mais au-delà de l’énergie rock, c’est bien l’ambiance folk et pastorale qui frappe le plus dans les chansons que présente alors un Rory Gallagher tout heureux de débouler dans les années septante avec ce nouveau son qui allait le propulser vers les sommets.

Avec quantité de bonus et d’inédits à la clé, la réédition de ce premier opus solo révèle a posteriori que l’échappée belle de Gallagher préfigurait l’explosion d’un guitare-héros de classe mondiale. Un as des as à la fois attachant et éblouissant. Impossible de l’oublier.

Rédigé par L'Alsace Par Thierry Boillot

Publié dans #Articles de presse

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