Charlie Watts, le batteur des Rolling Stones, est mort à 80 ans

Publié le 26 Août 2021

La légende du rock & roll Charles Robert « Charlie » Watts, le batteur des Rolling Stones, est mort. Il avait 80 ans.

© Lloyd Bishop/NBCU Photo Bank/NBCUniversal via Getty Images

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L’attaché de presse de Charlie Watts a confirmé sa disparition dans un communiqué. « C’est avec une immense tristesse que nous annonçons le décès de notre cher Charlie Watts, peut-on y lire. Il est mort paisiblement dans un hôpital londonien plus tôt dans la journée, entouré de sa famille. »

Le communiqué fait référence à Watts comme étant « l’un des plus grands batteurs de sa génération » et se termine en demandant que à ce que « la vie privée de sa famille, des membres du groupe et de ses amis proches soit respectée en ce moment difficile. »

Le décès de Charlie Watts survient plusieurs semaines après avoir annoncé ne pas pouvoir participer à la reprise de la tournée No Filter des Rolling Stones dans les stades américains. « Charlie a subi une intervention qui a été couronnée de succès, mais ses médecins ont conclu cette semaine qu’il avait désormais besoin de repos et de récupération », avait alors déclaré un représentant du groupe dans un communiqué.

Son toucher léger, son sens rythmique singulier et son groove impeccable  ont fait de lui à la fois le moteur de la musique des Stones et l’un des batteurs les plus célèbres et respectés de tous les temps.

Comme le disait Keith Richards en 1979, « Tout le monde pense que Mick et Keith sont les Rolling Stones. Ce ne serait pas vrai du tout. Charlie Watts EST les Stones. »

Et pourtant, le batteur était très différent du reste du groupe. Sa tenue vestimentaire élégante – que Vanity Fair a intégré dans son International Best Dressed List Hall of Fame –, était  finalement plus en phase avec le jazz (qu’il aimait et qu’il pratiquait régulièrement) qu’avec le rock & roll. Watts est également connu pour être resté marié à Shirley Shepherd, sa femme depuis 1964, ce qui le distingue quelque peu de ses compagnons de groupe excessifs et fêtards.

Charlie Watts se passionnait moins pour les tournées que Keith Richards et Mick Jagger, et donnait la nette impression que pour lui les Stones étaient davantage un travail qu’une vocation ou un choix de vie. Son combat contre la drogue et l’alcool au milieu des années 80 était, comme beaucoup d’autres choses chez lui, n’a pas fait la une des tabloïds : « Je laisse les gens faire ce qu’ils veulent, ce qui ne fait pas de moi un bon chef d’orchestre », avait-il déclaré à Rolling Stone en 1991. « Si j’avais dirigé les Rolling Stones, ils ne seraient arrivés à rien. On serait encore en train de courir partout pour essayer de trouver un ampli, 30 ans plus tard. »

© Archive Photos by Getty Images

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Fils d’un camionneur, Charlie Watts est né le 2 juin 1941 à Londres. Fan de jazz et collectionneur de 78 tours dès son plus jeune âge, il se met à la batterie vers l’âge de 14 ans, dormant de temps en temps dans son costume préféré pour se donner le même look que ses musiciens préférés, Miles Davis, Dexter Gordon et Charlie Parker.

Watts joue dans des petites formations de jazz jusqu’en 1962, date à laquelle il commence à partager son temps entre le Blues Incorporated d’Alexis Korner et son travail de graphiste dans une agence de publicité.

Watts n’était pas le premier batteur des Stones. Le groupe a donné son premier concert en 1962 avec une formation composée du chanteur Mick Jagger, du pianiste Ian Stewart, des guitaristes Keith Richards et Brian Jones, du bassiste et futur leader des Pretty Things, Dick Taylor, et du batteur et futur Kinks, Mick Avory.

Suite au départ d’Ivory, Charlie Watts donne  son premier concert avec les Stones le 12 janvier 1963, au Ealing Blues Club. Leur premier single, une reprise de « Come On » de Chuck Berry, sort en juin 1963. « It’s All Over Now », leur premier numéro 1 au Royaume-Uni, arrive dans les bacs en juin 1964. (« I Can’t Get No) Satisfaction », porté par la rythmique de Watts, atteint la première place aux États-Unis en mai 1965.

Malgré sa discrétion derrière son kit de batterie, Watts semblait bien conscient qu’il était un élément irremplaçable du son des Stones.

Une histoire célèbre datant de l’apogée du groupe raconte que Jagger a un jour téléphoné à la chambre d’hôtel de Watts au beau milieu d’une fête en demandant : « Où est mon batteur ? ». Watts se serait levé, rasé, habillé d’un costume, mis une cravate et des chaussures fraîchement cirées, aurait descendu les escaliers et frappé Jagger au visage en disant : « Ne m’appelle plus jamais ton batteur. Tu es mon putain de chanteur ! »

Tout autant que les paroles de Jagger ou les riffs de Richards, la précision rythmique de Watts sur les chansons clés des Stones faisait partie de la signature sonore du groupe. Son jeu, presque jazzy, sur « 19th Nervous Breakdown », son groove avec Richards sur « Beasts of Burden », son extraordinaire contrôle d’un rythme très particulier sur « Get Off My Cloud », le rebond de « Jumpin’ Jack Flash », sa caisse claire glacée sur « Gimme Shelter » – tous ces éléments sont des masterclass pour batteurs qui servent et façonnent la chanson en même temps.

En plus de son brillant jeu de batterie, Charlie Watts a également mis à profit ses compétences en matière de design pour concevoir diverses scènes de tournée, notamment la scène Lotus de 1975, la tournée Steel Wheels de 89/90, la tournée Bridges to Babylon, la tournée Licks et la tournée Bigger Bang.

Côté jazz, il attendra 1986 pour faire ses débuts avec le Charlie Watts Orchestra, composé de 32 musiciens britanniques. En 1991, avec le Charlie Watts Quintet, il sort « From One Charlie. . . … », un hommage à Charlie Parker comprenant un livre pour enfants des années 60 « Ode to a Highflying Bird ». En 2000 il sortira même un album en duo avec Jim Keltner, l’un des batteur de studio et de tournée les plus célèbres de la planète (de Stanley Clarke à Eric Clapton !)

En juin 2004, on lui a diagnostiqué un cancer de la gorge, qui a été traité. Sa rémission a apporté un regain d’énergie aux Stones, avec lesquels il a continué à jouer et refusant de prendre sa retraite.

Charlie Watts et sa femme Shirley possèdent une ferme de chevaux arabes. Le couple a une fille, Serafina, et une petite-fille, Charlotte.

« J’aime ce groupe, mais il ne représente pas tout pour moi », a déclaré Watts en 1981. « Je pense tout le temps que ce groupe va s’arrêter – je le pense vraiment. Je n’ai jamais pensé que ça durerait plus de cinq minutes, mais je me suis dit que je vivrais ces cinq minutes à fond. Je me fiche de prendre ma retraite, mais je ne sais pas ce que je ferais si j’arrêtais de faire ça. Je deviendrais fou. »

Les hommages des pairs et admirateurs de Charlie Watts ont déjà commencé à affluer, Graham Nash a déclaré à Rolling Stone :

    « Sans aucun doute, Charlie Watts était l’un des plus grands batteurs du monde. Son secret – le même que celui de Ringo – est le battement de cœur. Charlie Watts était le battement de cœur des Rolling Stones. »

Sur Twitter, Elton John a fait l’éloge de Watts comme étant « le batteur ultime. Le plus élégant des hommes, et d’une si brillante compagnie. »

Et Brian Wilson a écrit : « Je suis tout simplement choqué d’entendre cette nouvelle au sujet de Charlie Watts. Je ne sais pas quoi dire, je suis désolé pour la famille de Charlie. Charlie était un grand batteur et j’aimais la musique des Stones, ils faisaient de grands disques ».

Max Weinberg, batteur du E Street Band, a également partagé un hommage : « Un jour d’une tristesse monumentale, apprenant que mon héros personnel Charlie Watts est décédé. Je suis dévasté et mon âme souffre pour Shirley, Serafina, la famille Watts élargie et, bien sûr, les membres de son groupe. Je ne sais pas vraiment quoi dire. Charlie Watts, repose en paix mon ami ».

Joe Gross, traduit par la rédaction

Rédigé par Rolling Stone par La Rédaction

Publié dans #Articles de presse

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