Nos duos de chanteurs préférés (et leur histoire d'amitié)

Publié le 24 Mars 2020

Si les duos chantés sont souvent des coups marketing, certains révèlent une grande et véritable histoire d’amitié. Comme ces quatre-là, dont on ne lasse pas…

Nos duos de chanteurs préférés (et leur histoire d'amitié)

1. Mick Jagger et David Bowie : “Dancing in the street

Mick et David ont beau avoir respectivement 42 ans et 38 ans dans ce clip vidéo tourné en 1985 par David Mallet, on dirait deux jeunes chiens fous lâchés dans les Milleniums Mills à Londres, des silos à grains situés au bord de la Tamise. Il faut les voir tous les deux ouvrir une bouche grande comme un four à pains et se donner des coups de hanches au cours d’une chorégraphie aussi pauvre qu’enjouée. Enregistré en seulement quatre heures par les deux rockstars afin de lever des fonds pour lutter contre la famine en Afrique, le titre a été écrit à la base par Marvin Gaye et deux autres comparses pour le groupe Martha and The Vandellas en 1964. Après la mort de David en 2016, Mick a raconté à quel point ils étaient amis (certains, dont la première femme de Bowie, Angie, ont dit "amants") "On avait beaucoup en commun, on sortait beaucoup ensemble à New York, on parlait musique, cinéma, et surtout on passait des heures à discuter fringues et stylistes." Des discutions sur la mode pas si fructueuses que ça, car on n’a jamais vu Mick Jagger aussi mal fagoté que dans ce clip. En revanche, la petite combi à motifs imprimés de David Bowie serait tout à fait portable de nos jours.

2. Kate Bush et Peter Gabriel : “Don’t give up”

"N’abandonne pas car tu as des amis. N’abandonne pas car tu n’es pas encore à terre". Rien que d’écouter ces paroles écrites par Peter Gabriel en 1985 nous met dans un drôle d’état. Et de voir Peter et Kate Bush enlacés pendant un long plan séquence, la caméra tournoyant autour d’eux, achève de nous faire fondre. De quoi parle la chanson ? D’un homme que le chômage et la pauvreté fragilisent à tel point qu’il ne parvient plus à communiquer avec son entourage. C’est en découvrant des clichés pris par la photographe Dorothea Lange pendant la grande dépression aux USA dans les années 1930 que Peter a eu l’idée de cette chanson qui s’est élevée à pic dans les charts pendant la crise économique en Angleterre sous Margaret Thatcher. Leader du groupe Genesis, Peter l’avait proposée à Dolly Parton qui a eu bien tort de la refuser, même si on l’imagine mal se blottir contre le chanteur. Kate, elle, minaude un peu dans le cou de son pote de longue date, mais on lui pardonne : la chanson est si forte.

3. Antônio Carlos Jobim et Elis Regina: "Àguas de março "

Ce clip fait plus d’effet qu’un Xanax. Si vous avez un petit coup de mou, écoutez ces deux stars brésiliennes se chanter la réplique, chacun finissant la phrase de l’autre, et on vous jure que vous serez requinqué. Elis Régina n’avait que 29 ans lorsqu’elle est allée rejoindre son idole, le maître de la Bossa Nova Antônio Carlos Jobim, dans un studio de Los Angeles pour enregistrer l’album Elis et Tom en 1974. Chanson phare de ce disque : Les eaux de mars, écrite par Antonio, est une référence au mois le plus pluvieux à Rio de Janeiro, une énumération d’images ("Un pas, une pierre, un chemin qui chemine") et une parabole de la vie quotidienne. Ceux qui ont assisté à l’enregistrement ont raconté par la suite les grandes tablées avec conjoint(es) et enfants, autour desquelles tout le monde chantait et riait après de longues sessions de travail. Et cela transpire des images. Regardez comme Elis sourit, comme Antônio la couve d’un regard protecteur, et comme ils s’amusent tous les deux, la vidéo s’achevant sur un grand éclat de rire et un ouf de soulagement. Car chanter ces eaux de mars nécessite une grande technique vocale et un sacré souffle ! C’est George Moustaki qui, en France, a repris la chanson en 1975, la traduisant avec l’aide d’Antônio. Ce clip est d’autant plus émouvant, un instantané de bonheur, qu’Elis est morte quelques années plus tard d’une overdose à l’âge de 36 ans.

4. Françoise Hardy et Sheila :  "L’amitié"

C’est l’une des chansons préférées de Françoise Hardy. Non pas écrite et composée par elle-même, comme c’était le cas à ses débuts, mais par Jean Max Rivière et Gérard Bourgeois. La chanteuse l’avait rodée en 1965, en habit Courrèges, en cours d’une tournée avec Hugues Aufray. 37 ans plus tard, en 2002, elle l’a reprise pour un one shot avec sa copine Sheila dans une émission de Michel Drucker. Preuve que chez les yéyés, on pouvait construite de véritables histoires d’amitié, loin des rivalités supposées, Sheila et Françoise Hardy se sont connues très jeunes, à l’âge de dix-sept ans, et n’ont jamais cessé de se voir. Lors de cette unique prestation, la voix ensoleillée de l’une s’accorde parfaitement avec le timbre réservé de l’autre et le baise main de la fin est mignon tout plein "C’est ma sœur de chanson !" avait déclaré Sheila dans la presse lorsque Françoise, souffrante, était à l’hôpital il y a trois ans. "Pendant sa maladie, je ne l’ai pas lâchée, lui disant qu’elle n’avait pas le droit de me quitter, de me laisser seule. Je l’aime, point barre ! " A la même époque, on avait interviewé Françoise sur son lit d’hôpital. Puis Sheila dans sa salle de gym. Pour un article sur l'émancipation des femmes chez les yéyés. Elles n’avaient pas tari d’éloges l’une sur l’autre, tout en se montrant assez critiques envers certaines copines de variét' (on ne citera pas de noms). Treize ans auparavant, en 1989, elles avaient déjà repris ensemble le titre That'll be the day. À quand un vrai single ensemble?

Rédigé par Glamour par Erick Grisel

Publié dans #Articles de presse

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article