On a vu les trois concerts des Stones à la U Arena, une expérience XXL

Publié le 27 Octobre 2017

Le Parisien a eu le privilège de voir le plus grand groupe rock du monde, de trois points de vue différents, dans la nouvelle salle de spectacles de Nanterre.

Mick Jagger a vécu ses 31ème, 32ème et 33ème concert sur le sol français. Le Parisien/Jean-Baptiste Quentin

Mick Jagger a vécu ses 31ème, 32ème et 33ème concert sur le sol français. Le Parisien/Jean-Baptiste Quentin

Nous avons assisté aux trois concerts des Rolling Stones à la U Arena, jeudi, dimanche et mercredi derniers. Les trois premiers dans la nouvelle arène culturelle et sportive de Nanterre, majestueux poisson aux écailles multicolores nageant dans le prolongement de la Grande Arche de La Défense. Les trois derniers de la tournée #NoFilter du groupe britannique qui faisait le tour de l’Europe cet automne.

Nous avons eu le privilège de voir le plus grand groupe rock du monde et surtout cette nouvelle salle de spectacles couverte aux dimensions XXL - 40 000 spectateurs par soir - en trois dimensions, en assistant au premier concert dans les gradins, au deuxième dans une loge, et au troisième dans le carré or de la fosse, au pied de la scène. Trois points de vue, mais au final un seul constat : l’expérience était grande.

LES STONES ET LA U ARENA EN RODAGE

C’est, selon Mick Jagger, le 31e concert parisien des Rolling Stones depuis leur premier Olympia en 1964. C’est le 33e si l’on ajoute les deux shows parisiens au Trabendo et au Théâtre Mogador, le premier d’une heure, le second pour un fonds privé.

Il commence comme tous les autres par «Sympathy For The Devil». L’image est magique. Les écrans géants de la taille d’immeubles rougeoient, les 40 000 spectateurs commencent à chanter les houhou et Mick Jagger entre en scène, suivi de ses troupes, acclamés comme il se doit par des fans venus du monde entier. On croise des Argentins, des Japonais, des Américains, qui ont cassé leur tirelire pour voir leurs héros.

Cest la deuxième fois que les Rolling Stones inaugurent un stade français, après le Stade de France en 1998. «Cest une nouvelle arena, lance en français Jagger. On est tous des vierges ici. J’espère que les nouvelles toilettes fonctionnent.» Elles fonctionnent. Le son par contre... Entre la batterie qui rebondit sur les gradins et les solos de guitare démesurément forts, la première heure et demie est laborieuse. Du moins depuis les gradins.

Les Rolling Stones enflamment la nouvelle U Arena 

Il faut attendre «Paint It Black» et la présentation des musiciens pour entendre les premières acclamations. «Il y a beaucoup de personnes du show-business ce soir, s’amuse Jagger. A l’extrême-gauche Melenchon, à l’extrême-droite Marine Le Pen et quelque part au milieu Macron.» Le président n’est pas dans la salle. Pas plus que la présidente du Front national, en direct sur France 2 au même moment.

Mais les dieux du stade y sont. En rodage. Les Stones sont souriants, Keith Richards souvent hilare, le francophile Jagger s’exprime dans notre langue, donne de sa personne et tient la baraque, courant en tout sens et cherchant la ferveur de la salle. Mais elle a du mal à s’enflammer. Le show décolle enfin et le son se cale avec «Brown Sugar», «Jumpin’ Jack Flash», et les rappels, «Gimme Shelter» et «Satisfaction». «Est-ce que vous kiffez ?», demande le chanteur. Après deux heures et quart de show, conclues par un mini feu d’artifice, la U Arena lui crie oui. Mais notre satisfaction, elle, a tardé à venir.

LES STONES RETROUVENT LA MAGIE
Dimanche, le concert vu d’une loge

On ne veut pas rester sur une impression mitigée. On revient. On a pu suivre le conseil d’utiliser les transports en commun - RER A ou métro ligne 1 - et la consigne de ne pas venir avec un sac, et ainsi éviter les files d’attente pour poser et retirer son sac à l’une des consignes situées entre la Grande Arche et la U Arena.

Du coup, on arrive sans encombre ni retard avec la foule encadrée par de nombreux gardes mobiles lourdement armés. On s’assoit dans une loge quasiment en face de la scène. Alors forcément, on est loin, mais on est bien. Dès le premier titre. Changement de taille, le concert commence par «Jumpin’ Jack Flash», qui met tout le monde dans le sens de la marche lorsque «Sympathy For The Devil» avait été un rien poussif trois jours plus tôt.

D’entrée aussi, le son est bien meilleur. «J’espère qu’il n’y a pas d’écho», demande Mick Jagger au public, bien conscient que cela avait desservi sa première prestation. Et que les réglages sont meilleurs ce soir. Il faut dire que les Stones, professionnels en diable, ont eux-mêmes répété entretemps pour améliorer les choses.

Enfin, Keith Richards est en progrès. Autant il était absent au premier concert, la plupart du temps à côté de ses pompes, plus occupé à plaisanter avec ses potes et à allumer des cigarettes qu’à assurer ses riffs, autant il est là, dans le tempo, dans le solo. Même pendant ses traditionnels deux titres personnels - «Happy» et «Slipping Away» -, on ne sort pas chercher une bière ou l’expulser par les voies naturelles. D’ailleurs, le public connaisseur le gratifie de deux ovations totalement méritées.

Plus globalement, les Stones sont en pleine forme. Sur une setlist en évolution, avec le blues «Hate To See You Go» à la place de «Just Your Fool», «Angie» en choix des fans, ils livrent souvent d’excellentes versions, en particulier un «Midnight Rambler» livré toutes guitares dehors, lorsque «Brown Sugar» et «Gimme Shelter» sont carrément exceptionnels. Le public est aux anges. Les Stones aussi, tweetant dans la soirée en clin d’oeil à leur «Jumpin’ Jack Flash» : «Second night in Paris was such a gas, gas, gas». Pas mieux !

Rédigé par Le Parisien par Eric Bureau

Publié dans #Articles de presse

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