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Rolling Stones Stories

Chuck Berry: la leçon de rock à Keith Richards

Chuck Berry: la leçon de rock à Keith Richards

VIDÉOS - Comme de nombreuses stars de la musique, le célèbre guitariste a rendu hommage à l'inventeur du duckwalk, mort samedi 18 mars. De sa manière de jouer à la création des Stones, «Keef» lui doit beaucoup.

Keith Richards (àdroite) et l'un de ses mentors, Chuck Berry, sur scène en 1986

Keith Richards (àdroite) et l'un de ses mentors, Chuck Berry, sur scène en 1986

Le rock'n'roll est une nouvelle fois endeuillé après la mort de Chuck Berry, père fondateur du genre, le samedi 18 mars. Parmi les très nombreux musiciens qui ont exprimé leur chagrin face à cette disparition, Keith Richards s'est montré particulièrement ému. Et pour cause: il lui doit (presque) tout, de ses premiers accords blues à des leçons de rock un peu trop autoritaires.

«Une de mes grandes lumières s'en est allée!» a-t-il notamment écrit sur son compte Facebook. 

Chuck Berry: la leçon de rock à Keith Richards

La rencontre avec Mick Jagger

Le guitariste de 73 ans n'a jamais caché son admiration pour le compositeur de Johnny B. Goode. Chuck Berry a été l'une ds principales sources d'inspirations de Mick Jagger et de lui-même. Il fut même à l'origine de leur rencontre, quelques mois avant la naissance des Rolling Stones. Dans une lettre envoyée à sa tante en avril 1962 (Keith Richards était alors âgé de 18 ans), publié dans son autobiographie Life aux éditions Points en 2011, il écrit: «Tu sais combien j'aime Chuck Berry, et je t'avais dit que je pensais être le seul fan à des kilomètres à la ronde, or l'autre matin à la gare de Dartford, j'avais un disque de Chuck à la main, et un gars que j'ai connu à l'école primaire, entre 7 et 11 ans, s'est approché de moi. Il a tous les disques de Chuck Berry, et ses potes aussi, c'est tous des fans de rhythm'n'blues, je veux parler du vrai R&N [...] Donc, le type de la gare s'appelle Mick Jagger [...] Je joue de la guitare (électrique) à la Chuck. On a un bassiste et un batteur et une guitare rythmique et on répète deux ou trois soirs par semaine. ÇA SWINGUE. [...] Je n'arrête pas d'écouter Chuck Berry

Quelques mois plus tard, les Rolling Stones se font un nom et signent chez Decca, leur première maison de disques. Le 10 mai 1963, ils enregistrent un premier single, dont la face A est une reprise du titre Come On de... Chuck Berry. Les années passent, et le rayonnement des Stones dépasse très largement le continent européen, jusqu'à disputer la célébrité du chanteur de Johnny B. Goode et incarner le renouveau du rock'n'roll. Dans la seconde partie des sixties, les deux artistes se croisent aux États-Unis à diverses occasions. 

Des accrochages

En 1986, Keith Richards se charge du discours de présentation de Chuck Berry, qui fête ses 60 ans ainsi que son entrée au Rock'n'Roll Hall of Fame -qui vient alors d'être créée. Il avoue en public avoir «piqué jusqu'au moindre motif qu'il [Chuck Berry] avait joué]. Le guitariste des Stones se voit par la suite assigner la direction musicale du film documentaire Chuck Berry Hail! Hail! Rock'n'Roll (réalisé par Taylor Hackford en 1987), où il ne se prive pas de réaliser l'un de ses rêves: accompagner son idole sur scène.

Mais le caractère de la star américaine n'est pas facile. Ce serait même celui «d'un enfoiré de première catégorie», selon Richards. Le spécialiste Guillaume Huret, se souvient d'une scène devenue célèbre: «Les deux guitaristes répètent tranquillement pour le show du documentaire. Et sur le célèbre riff de Johnny B. Goode, que n'importe quel adolescent boutonneux a appris, Chuck corrige Keith. Il lui montre comment faire en lui jetant des regards noirs. Keith réessaye, mais n'arrive pas à convaincre son maître. L'ambiance est à couper au couteau. Alors Chuck vient le voir et lui dit: “Regarde-moi faire, c'est moi qui l'ai créé” comme s'il lui avait dit “C'est moi qui ai créé le rock”. Les musiciens, autour, ont peur que ça tourne au vinaigre. Mais Keith préfère se maîtriser et tourne le dos à Chuck. Ce n'était pas le premier accrochage: quelques années avant, Chuck Berry avait foutu un coup de poing au guitariste des Stones parce qu'il avait touché sa Gibson rouge derrière son dos!» 

Malgré ces accrochages, Keith Richards n'aura de cesse de glorifier Chuck Berry. Plus loin dans Life, le «Glimmer Twin» expliquera, toujours admiratif, que «la beauté du jeu de Chuck Berry, c'est ce swing fluide, aisé. Pas de suées, ni de simagrées, ni de grimaces pour quelques doigtés: balancement pur, chaloupé comme la démarche d'un lion».

Il conclut sur Facebook: «Je ne sais même pas si Chuck réalise ce qu'il a fait. Je ne pense pas... C'était quelque chose de total, un son extraordinaire, un rythme unique qui jaillissait de chacun de ses disques. C'est en le découvrant que je sus ce que je voulais faire». 

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