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Rolling Stones Stories

Que vaut Blue and Lonesome, le nouveau disque des Stones?

Que vaut Blue and Lonesome, le nouveau disque des Stones?

AVANT-PREMIÈRE - Nous avons écouté leur nouvel album, consacré à des reprises de blues,qui sortira le 2 décembre. Le groupe anglais semble enfin assumer son âge.

Les Stones au Stade de France en 2014

Les Stones au Stade de France en 2014

Le 29 septembre dernier, Don Was nous dévoilait, en avant-première mondiale, la teneur du premier album studio enregistré par le groupe anglais depuis A Bigger Bang en 2005. Intitulé Blue and Lonesome, il a été gravé à Londres dans le studio de Mark Knopfler. Depuis Aftermath, en 1966, le groupe s'est consacré à bâtir un répertoire original. Sur Blue and Lonesome, Jagger, Richards et Charlie Watts renouent avec leur passé de groupes de reprises blues. Un pas de côté esquissé alors que les Stones étaient en train de compléter des compositions originales. Les douze titres de l'album proviennent des années 1950 et 1960, avec un accent particulier sur la scène de Chicago de l'époque.

Dès la première écoute, la qualité du jeu d'harmonica de Mick Jagger saute aux oreilles. Keith Richards a un jour déclaré au sujet de son frère ennemi qu'il n'était jamais aussi sincère que lorsqu'il soufflait dans l'instrument. Présent sur la quasi-totalité de l'album, l'harmonica est la vedette incontestée de l'affaire.

Il est rafraîchissant d'entendre les septuagénaires appliqués à reproduire la musique qui les a tant influencés à leurs débuts. L'instrumentation assez réduite (2 guitares, basse, batterie et piano) évoque le son du label Chess, celui de Muddy Waters, Chuck Berry et Howlin Wolf à leurs débuts. La saturation appliquée sur l'ensemble du disque gâte pourtant rapidement l'écoute du disque, rendu artificiel par ce procédé. Le groupe a joué cet album en son direct, au sein d'une même pièce, ce qu'il n'avait pas fait depuis très longtemps.

Un véritable disque de vieux

Peu de standards sur ce disque qui compte plusieurs perles du répertoire de Little Walter, notamment le morceau titre Blue and Lonesome, de Howlin Wolf (deux titres, qui figurent parmi les meilleurs de la sélection), Magic Sam, Eddie Taylor et Otis Rush entre autres. Les Stones sont plus impressionnants sur les morceaux rapides que sur les balades, faute à l'absence de soliste marquant dans leurs rangs. L'apparition d'Eric Clapton à la guitare sur deux morceaux propulse les blues lents vers des sphères que le groupe n'atteint plus jamais depuis le départ de Mick Taylor, en 1974. Le guitar-hero, proche des Stones depuis le début des années 1960, est l'un des deux invités du projet avec le batteur Jim Keltner, crédité pour la première fois sur un de leurs disques.

L'application du groupe rend le disque bien plus sympathique que tout ce qu‘il a produit depuis le correct Voodoo Lounge, en 1994. Concernés et appliqués, les musiciens retrouvent une simplicité qui a fait défaut à certains de leurs albums surproduits, sur lesquels ils semblaient courir après les tendances. En concevant un véritable disque de vieux, Jagger et ses complices semblent faire la paix avec leur héritage. Qui aurait dit, alors qu'ils rendaient hommage à leurs idoles en plein British Blues Boom, qu'ils continueraient à le faire largement après avoir dépassé l'âge de leurs bluesmen préférés?

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