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Rolling Stones Stories

Au secours, on a écouté le nouveau disque des Rolling Stones

Au secours, on a écouté le nouveau disque des Rolling Stones

Après nous avoir assez lourdement mis en appétit, les Stones dévoilent ce vendredi leur dernier opus, "Lonesome & Blue". On l'a écouté, et on s'est ennuyé.

"Lonesome & Blue" (Universal), des Rolling Stones (Capture d'écran / Universal)

"Lonesome & Blue" (Universal), des Rolling Stones (Capture d'écran / Universal)

"Désolé, c’est militaire, mais c’est les consignes de l’international…" Vingt journalistes viennent de se faire confisquer leur portable, Ipad ou ordinateur. Telle est la consigne anti-piratage. Ce lundi après-midi-là, nous sommes conviés à écouter "Lonesome & Blue", le nouvel album des Rolling Stones, chez Universal. Dans une petite pièce du sixième étage, semblable à une salle de classe, nous sommes sagement assis sur quatre rangées, avec vue sur un mur blanc et une grosse poubelle. Nous avons docilement signé la fiche par laquelle nous acceptons d'observer l'embargo qui nous interdit de parler de l'album avant le 25 novembre. L’écoute commence.

Ne l’oublions pas : nous parlons d’un groupe dont la dernière bonne chanson, "Miss You", date de 1978. Résumé des épisodes précédents : dans les années 60, les Stones, ces britanniques nourris de Howlin’Wolf, de Robert Johnson et de Muddy Waters, font redécouvrir le blues à l’Amérique. Retour aux sources ? Brocante ? Dernière démarque ? L’album contient douze reprises de blues (dont quatre de Little Walter) et voudrait boucler la boucle. Mais le résultat sent moins le delta que le lambda. Moins le crossroad que l'impasse.

Authentique et plein de tics, moins Yin que Yang, plus Keith que Mick, "Lonesome & Blue" vous laisse lonesome et blue. Désormais, quand ils jouent, les Rolling Stones donnent l'impression de s'ennuyer presque autant que nous en les écoutant. C'est patent depuis le documentaire "Shine A Light" de Scorsese (2008), où ils semblaient moins jouer de la musique que prendre le métro à l'heure de pointe. 

Arrêtez le massacre

Sur "Lonesome & Blue", le son est artistement et irréprochablement sale ; Eric Clapton fait deux apparitions ; le pianiste Matt Clifford joue le rôle de feu Nicky Hopkins ; "Just Like I Treat You" n’est pas sans rappeler un "It’s All Over Now" sous Prozac. Et puis... et puis, ça y est, le blues vous submerge, vous suffoque, vous sature. Comme si vous aviez besoin qu'on vous ulule des "Hoo Doo Blues" à l'oreille, après Trump et la "vague conservatrice" qui françois-fillonne à tout va.

Le visage flegmatique, marmoréen, professionnel, vous êtes assis sur votre fauteuil dans la petite salle d'écoute Universal. Mais tandis que Jagger (en mode "tradi") vous chante "I Gotta Go" de Little Walter, vous cherchez d'un oeil nerveux et sournois la sortie de secours.  

Autour de vous, les puristes préfèrent se montrer philosophes ou tactiques. Mieux vaut des reprises fadasses que de nouvelles compositions, vous disent-ils. Une façon élégante de dire : arrêtez le massacre, stop à l'auto-destruction. On note d’ailleurs que les Stones reprennent "Commit A Crime" de Howlin’ Wolf. Ce qui fait penser que Jagger a récemment assassiné "Come Together" des Beatles au festival de Desert Trip. Ici, il confirme son excellence à l'harmonica. Mais, en fait de british blues, rien, mesdames, messieurs, qui égale "Ventilator Blues" ("Exile On Main Street"), dans cet exercice crépusculaire des Rolling Zombies. 

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