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Rolling Stones Stories

Keith Moon

Keith John Moon, né le 23 août 1946 et mort le 7 septembre 1978, fut le batteur du groupe de rock britannique The Who. Sa manière exubérante et innovante de jouer de la batterie ainsi que son comportement excentrique et auto-destructeur lui valurent sa renommée et le surnom de « Moon the Loon » (« Moon le Dingue »).

Keith Moon
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Keith Moon a rejoint les Who dès 1964. Il a joué sur tous leurs albums et singles, à commencer par le premier I Can't Explain jusqu'à Who Are You, qui fut publié en 1978 trois semaines avant son décès par surdose de médicaments, à 32 ans. Le jeu de Keith Moon, à la fois technique et anarchique, foisonnant, tout en roulement de toms, en percussion de cymbales, en jeu des deux pieds avec sa double grosse caisse, en ont fait un batteur considéré comme l'un des plus grands de l'histoire du rock. Après sa mort, il fut remplacé au sein des Who par le batteur des Small Faces : Kenney Jones, et dans les derniers concerts par Zak Starkey, dont il était le parrain. Fils d'Alfred et de Kathleen Moon, Keith naît à Wembley le 23 août 1946, bien qu'il ait prétendu être né un an plus tard.. Vivant à Alperton dans sa jeunesse, il est un enfant hyperactif et doté d'une grande imagination. Toutefois, ses rapports scolaires ne sont guère encourageants, un de ses professeurs d'art allant jusqu'à le qualifier d'« attardé artistiquement » et d'« idiot à bien des égards ». La seule chose capable d'intéresser Moon reste la musique. Très tôt, ses professeurs apprécient sa technique basée sur un jeu chaotique, reconnaissant sa « grande capacité ». Moon rate un examen et quitte l'école en 1961.

Il épouse Kim Kerrigan, alors enceinte, le 27 mars 1966. Sa fille Amanda naît quatre mois plus tard, le 12 juillet. Kim quitte Keith en 1973 et emmène Amanda avec elle. Leur divorce est officialisé en 1975. Très vite, il gagne la réputation de tout détruire, des batteries aux chambres d'hôtels. L'histoire la plus célèbre à son sujet concerne l'immersion d'une Rolls-Royce dans une piscine d'un hôtel du Michigan, même si cette histoire est contestée par le biographe de Keith Moon, Tony Fletcher, tandis que Roger Daltrey affirme avoir vu la facture de 50 000 $ qui en a résulté. Moon se serait également blessé aux dents à ce moment-là. Toutefois, il apparaît plus probable que tout ceci résulte d'une fusion entre deux histoires. Lors de la tournée du groupe aux États-Unis, Moon avait organisé une fête dans un hôtel du Michigan pour son vingt-et-unième anniversaire, après un concert du groupe. La soirée se déroulait tranquillement (à l'exception de combats de nourriture) jusqu'à ce que des membres du groupe Herman's Hermits (qui était en tournée avec les Who) se mirent à enlever le pantalon de Moon. Ce dernier, ne portant pas de sous-vêtements, fut pris d'une terrible gêne. C'est en voulant partir en courant qu'il tomba face contre terre et se cassa une dent. John Entwistle et un membre de Herman's Hermits le transportèrent chez un dentiste. Pendant ce temps, les convives quittèrent la salle où se déroulait la fête et saccagèrent l'hôtel en renversant les distributeurs automatiques et en dérobant les extincteurs des voitures. La facture des dommages s'éleva à plusieurs milliers de dollars. Selon le livre The Who In Their Own Words, Moon aurait raconté que cette histoire se serait passée dans un Holiday Inn de la ville de Flint dans le Michigan et la voiture conduite dans la piscine serait une Lincoln Continental. Il aurait aussi déclaré que c'est de cette façon qu'il s'était cassé une dent.

Parmi les frasques de Keith Moon, on compte également l'ingurgitation d'un somnifère pour cheval lors d'un concert de la tournée Quadrophenia le 20 novembre 1973 au Cow Palace de Daly City en Californie, un fan du groupe lui ayant présenté une « nouvelle drogue » géniale quand un demi-cachet est consommé avec du cognac, ce à quoi Moon répondit : « Attends, tu sais qui je suis ? Je suis Keith Moon ! Je prends pas un demi-cachet, j'en prends un entier, moi ! » avant de s'exécuter. Le concert a été filmé. On peut voir Keith Moon s'écrouler sur sa caisse claire en plein milieu de Magic Bus : K.O. La « nouvelle drogue » était en fait un somnifère pour chevaux : Keith Moon, hors d'état de jouer, fut remplacé par un spectateur de la foule, le batteur amateur Scot Halpin. Le batteur mit deux jours à s'en remettre, durant lesquels, transporté en chaise roulante et incapable de parler, il dut subir les sarcasmes de Pete Townshend. Le 4 janvier 1970, Moon est impliqué dans un accident de voiture à l'extérieur du pub du Red Lion dans la ville d'Hatfield dans le comté de Hertfordshire. En essayant d'échapper à un groupe de skinheads du pub de plus en plus hostiles qui avaient commencé à s'attaquer à sa Bentley, il tua son garde du corps et ami, Neil Boland. Le médecin légiste déclara que la mort de Boland était due à un accident, Moon fut déchargé de toute responsabilité après avoir été accusé d'avoir tué Boland, mais ce souvenir le hantera par la suite. Plus tard, la fille de Boland a tenté de prouver que Keith Moon n'était pas au volant de la voiture.

Keith Moon décède le 7 septembre 1978, à l'âge de 32 ans, après avoir été invité par Paul McCartney à l'avant-première du film The Buddy Holly Story. Moon quitte la soirée tôt, accompagné de sa petite amie, Annette Walter-Lax, et retourne à son appartement situé sur Curzon Place, à Mayfair en Londres. La cause de sa mort est une surdose de médicaments utilisés pour traiter son alcoolisme (Heminevrin). La police retrouvera alors 32 pilules dans son organisme, dont certaines non dissoutes. Le 3 octobre, comme prévu, Paul McCartney et les Wings enregistrent avec plusieurs autres musiciens (David Gilmour, Pete Townshend, John Paul Jones...) le Rockestra theme où Kenney Jones remplacera Keith Moon « n'ayant pu être des nôtres à cause de sa mort » précisera McCartney avec un flegme tout britannique. Le Beatle Ringo Starr était son meilleur ami. Keith est le parrain de son fils Zak, qui le remplacera au sein de The Who. Moon intégra The Who en avril 1964 à l'âge de 17 ans afin de remplacer le batteur originel, Doug Sandom, parti quelques mois plus tôt. Townshend décrira plus tard Keith comme un « homme gingembre » en référence aux vêtements ainsi qu'à ses cheveux couleur gingembre lorsqu'il joua pour la première fois dans le groupe. Pete Townshend a raconté la façon dont Keith Moon a rejoint les Who : « Il est venu à un de nos concerts, et a dit « je peux jouer mieux que votre batteur ! ». Il s'installa alors derrière la batterie et la détruisit presque complètement. Nous nous sommes dit immédiatement : c'est l'homme qu'il nous faut ! ». Keith Moon perpétuera par la suite cette tradition destructrice.

Moon commence à officier sur une batterie de quatre ou cinq pièces, avant de jouer sur un kit double basse British Premier. Ce changement lui fut inspiré par Ginger Baker lorsque ce dernier lui avoua attendre un set double basse American Ludwig. Moon décida alors de monter deux sets British Premier en un seul et unique kit. Cela constituera un changement de son jeu, abandonnant progressivement ses cymbales hi-hat afin de constituer un mur de bruit blanc grâce aux cymbales crash et ride. Dès le début de leur carrière, les Who avaient la réputation de détruire leur matériel à la fin de chaque concert. Moon faisait preuve d'un certain zèle pour cette activité, tapant violemment sur sa batterie, jusqu'à pulvériser celle-ci : ses batteries survivaient rarement à un concert, et devaient souvent être arrimées au sol pour ne pas se déplacer sous ses coups. Il alla même jusqu'à louer une batterie avec des feux d'artifice, qu'il fit exploser à la fin de My Generation, ce qui selon la légende, laissa à son partenaire Pete Townshend un trouble auditif permanent. Une autre fois, il remplit d'eau une de ses caisses avant d'y placer des poissons rouges. Une femme dans le public lui demanda : « What do you do with the goldfish ? » (« Que fais-tu avec les poissons rouges ? »), il répondit : « The goldfish? Er... Even the best drummers get hungry. » ( « Les poissons ? Hum... Même les meilleurs batteurs ont faim. »). Ces singeries lui valurent le surnom de Moon the Loon (traduction approximative : « Moon le fou »).

Moon était particulièrement enthousiaste à propos du chant. Les autres membres du groupe durent parfois l'exclure des studios durant les enregistrements des paroles tant sa détermination à chanter était grande. Cela a conduit Moon à vouloir s'introduire discrètement dans la salle afin de se joindre au reste du groupe. À la fin de la chanson Happy Jack, on peut entendre Townshend dire « I saw ya ! », en apercevant Moon essayant une fois de plus de rentrer dans le studio. Cependant, il peut être entendu sur les chansons Bell Boy, A Quick One, While He's Away, Bucket T et Barbara Ann (reprise de la chanson des Beach Boys - qui l'avaient eux-mêmes reprise des Regents -, Moon étant un fan de ce groupe) et Armenia City In The Sky. Pour le film Tommy, il chante même Fiddle About et Tommy's Holiday Camp, alors que John Entwistle enregistra la version studio de Fiddle About, et Pete Townshend la version studio de Tommy's Holiday Camp. Il n'a en revanche que très peu composé pour les Who, excepté deux morceaux sur l'album A Quick One While He's Away, I Need You et un instrumental Cobwebs And Strange. Bien que son activité au sein des Who ait dominé sa carrière, il eut aussi une action mineure dans certains projets. En 1966, il forme une équipe avec le guitariste des Yardbirds, Jeff Beck et les futurs membres de Led Zeppelin Jimmy Page et John Paul Jones pour enregistrer un instrumental : Beck's Bolero, édité comme single plus tard dans l'année. Moon est aussi connu pour avoir trouvé le nom de Led Zeppelin, remarquant que cet étrange groupe allait « couler comme un zeppelin de plomb » (l'histoire lui donna tort). Une autre version veut qu'il comparât tout simplement le son produit par le groupe de Jimmy Page à celui d'un zeppelin qui s'écraserait. La pochette du premier opus Led Zeppelin semble d'ailleurs grandement s'en inspirer.

En 1974, il lance son premier album solo, une collection de chansons pop, appelé Two Sides of the Moon (titre inspiré par le succès planétaire de Dark Side Of The Moon de Pink Floyd). En 1974, il participe à "Pussy Cats", l'album d'Harry Nilsson produit par John Lennon. En 1971, il a un rôle dans le film de Frank Zappa : 200 Motels : il joue un travesti peureux déguisé en bonne-sœur. En 1976, il interprète la chanson des Beatles When I'm Sixty-Four pour la bande-son du documentaire All This and World War II. En 1973, il joue dans le film That'll Be the Day en incarnant J.D. Clover, un batteur résidant dans un camp de vacances durant les premières années du rock 'n' roll anglais. Il apparaît aussi dans la suite, Stardust en 1974. En 1975, il tient le rôle d'Oncle Ernie dans le film Tommy de Ken Russell, tiré de l'album éponyme du groupe. Il aurait dû tenir un rôle dans le film La Vie de Brian des Monty Python, et demeura dans les Caraïbes avec eux durant l'écriture du scénario. Il mourut avant le début du tournage. Il possédait également un hôtel à Chipping Norton, derrière lequel se trouvait une grange où il lui arrivait de répéter avec The Who.

Moon avait un style bien particulier et a laissé quelques-uns des meilleurs morceaux de batterie du rock. Il est encore de nos jours considéré comme l'un des plus grands batteurs de l'histoire du rock, d'une grande inventivité rythmique et d'une puissance hors du commun. Des batteurs contemporains comme Mitch Mitchell et Ginger Baker peuvent tous se réclamer de l'avoir eu comme influence majeure. L'anarchisme de Moon a laissé une grande trace dans la musique populaire d'aujourd'hui. À l'image de son collègue John Entwistle, il parvenait à fournir une assise solide au groupe tout en paraissant en permanence être en train de pratiquer un solo. Il multipliait les roulements de toms, les percussions de cymbales et le jeu des deux pieds avec sa double grosse caisse. Son style était particulièrement singulier, suivant parfois la mélodie du chant par des breaks très fréquents.

Moon traitait plus la batterie comme un instrument soliste que comme pure section rythmique ; à ce sujet, écouter les contrepoints de la chanson Happy Jack, qui sont souvent cités pour être archétypes du jeu du batteur des Who. À noter que, comme le célèbre jazzman Gene Krupa, il ne pliait pas les poignets pour jouer. Un contraste naissait donc entre son geste ample et délicat (mais néanmoins extrêmement véloce) et le son particulièrement puissant provenant du choc. Voici ce que dit Pete Townshend du style de Keith Moon lors d'une interview donnée dans le film sur les Who Thirty Years of Maximum R&B Live, en le comparant à son successeur Kenney Jones au sein du groupe (de 1979 à 1982) : "Kenney donne la mesure et il est aussi très expressif quand il en a l'occasion. Keith ne donnait jamais la mesure au sens traditionnel. Il avait un métronome intérieur qui battait, mais il pouvait aussi jouer selon le métronome de quelqu'un d'autre. Si je voulais donner la mesure, Keith était capable de suivre. Il était vraiment autour de la mesure, il remplissait les intervalles. Il travaillait beaucoup entre Entwistle et moi. Kenney laisse beaucoup plus les choses comme elles sont, en fait."

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