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Rolling Stones Stories

Les Rolling Stones à Cuba, enfin !

Les Rolling Stones à Cuba, enfin !

NOUS Y ÉTIONS - Le groupe a livré vendredi soir un concert historique à La Havane, ultime prestation de leur tournée latino-américaine, Olé Tour.

Les Rolling Stones ont livré un concert mémorable à la Havane

Les Rolling Stones ont livré un concert mémorable à la Havane

À La Havane

La Yipi (Jeep) septuagénaire, six passagers à l'arrière, trois à l'avant, avale les faubourgs de La Havane. La Yipi danse. La Yipi crache de toutes parts un Reggaeton endiablé qui envahit l'habitacle. Et les Stones? «Il faut voir. Nous allons les entendre pour la première fois. Nous ne les connaissions pas il y a encore 15 jours», lance Mykel, un petit métis, tout de Bling Bling vêtu, accompagné de sa fiancée.

Direction les plaines du complexe sportif de la Ciudad Deportiva, où les Rolling Stones ont posé leurs scènes. La foule, majoritairement adolescente et bon enfant, multiplie les Selfies. Pas d'alcool, pas de drogues, pas d'effusion. La Police nationale révolutionnaire veille. La température est douce.

Voici les Rolling Stones. Il est 20h34. Mick Jagger, veste rouge de circonstance, débute par Jumpin Jack Flash. Puis, après sa première chanson, qui sera suivie de It's only rock and roll et des grands classiques du répertoire du groupe pendant deux heures, le chanteur britannique lance en espagnol un sympathique: «Bonsoir, mes gens de Cuba», puis assez rapidement: «Nous sommes ici, finalement». 

On parle de 500.000 personnes réunies vendredi soir dans la Cité sportive

On parle de 500.000 personnes réunies vendredi soir dans la Cité sportive

Au cimetière de la morale et des interdits culturels, la formation anglaise, jugée capitaliste et décadente, a longtemps eu une place de choix. Pas interdite officiellement, mais fortement déconseillée à l'écoute pendant un demi-siècle. Plus rien de cela n'a de sens aujourd'hui. La faucille capitaliste a décapité le vieux marteau socialiste. À 84 ans, Raul Castro est devenu un rocker. Alors, entre deux titres, Mick Jagger, le rebelle, ose: «Il paraît qu'il était difficile d'écouter notre musique, mais nous sommes ici. Il semble que Cuba est en train de changer».

Les réactions des 500.000 personnes présentes sont timides, tant pour les sorties de Mick Jagger que pour la musique des Stones. Au delà des premiers rangs de fans qui suivent la tournée et des étrangers filmés par les télévisions, la jeune foule cubaine ne se passionne pas. Alors Mick Jagger tente un appel aux «Cubanos Romanticos (les Cubains romantiques)» et entame Angie. Les couples entament des slows. Les dents de Mick Jagger dévorent la nuit cubaine. Le chanteur, accompagné de Charlie Watts, Ronnie Wood et Keith Richards, enchaîne les classiques. 

Les Rolling Stones pendant le concert à la Havane électrise son public

Les Rolling Stones pendant le concert à la Havane électrise son public

Malheureusement pour les Rolling Stones, au-delà de tous les superlatifs qui seront utilisés pour décrire le concert, Cuba vibre pour la Salsa, le Son, le Reggeaton, plus que pour le rock. Et puis les enfants de Fidel, qui ne comprennent pas l'anglais, sont plutôt des aficionados de musiques romantiques. La fracture culturelle est immense. Une vieille Yuma (étrangère), se promène avec une pancarte «Rolling Stones, No Satisfaction» sous l'oeil interloqué de jeunes Cubains. Mick Jagger, patient, vieux routier, tente de conquérir son public, qui au bout d'une heure et demi, bouge un peu plus. «Merci Cuba pour la musique que vous avez offert au monde», dit t-il.

Quelques jours avant le concert de La Havane, les Britanniques ont mis sur le Web une vidéo que les Cubains, faute d'accès à Internet haute vitesse, voire à Internet tout court, n'ont pas pu voir. Ironiquement, au pays du communisme déclinant, c'est la Granma, l'organe officiel du Parti communiste cubain, qui a multiplié ces dernières jours les programmes pédagogiques pour expliquer qui sont ces Stones. Vraiment, Cuba est encore un autre monde.

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