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Rolling Stones Stories

Howlin' Wolf

Howlin’ Wolf, de son vrai nom Chester Arthur Burnett, né le 10 juin 1910 à White Station, près de West Point dans le Mississippi et mort le 10 janvier 1976 à Hines dans l'Illinois, est un musicien de blues américain.

Howlin' Wolf
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Howlin' Wolf

Il a connu différents sobriquets dans sa jeunesse comme Big Foot ou encore Bull Cow, liés à sa taille et à son corps massif. En effet, il chaussait du 53 et mesurait 1,92 m pour 124 kg. Chester Arthur Burnett naît le 10 juin 1910 à White Station dans le Mississippi, de Dock et Gertrude Burnett, qui ont eu cinq autres enfants. Dès son plus jeune âge, il chante souvent dans l'église baptiste d'Aberdeen. Son prénom lui vient de Chester Alan Arthur, 21e président des États-Unis. Comme il refuse d'aider sa famille aux travaux de la ferme, il est chassé de la maison par sa mère, pour être confié à un de ses oncles. Chester est maltraité par cet oncle et, à treize ans, il fugue pour rejoindre son père à Ruleville. Là, tous les deux travaillent dans une plantation ainsi qu'à Drew et Doddsville. Chester aide alors son père à s'occuper des plantations de coton ou de maïs. Un peu avant ses dix-huit ans, il rencontre Charley Patton qui travaille dans une plantation voisine et qui l'initie à la guitare. Dès lors, il fréquente de nombreux bluesmen dans ces années 1920-1930, comme Dick Bankston, Nathan Scott et Jim Holloway et il écoute des disques de Blind Lemon Jefferson

C'est durant cette période qu'il prend le surnom de Howlin' Wolf, après avoir été aussi surnommé Bull Cow ou Foot. Il s'explique ainsi sur les origines de son nom de scène, qui veut dire Loup Hurlant : « Ce nom est inspiré par mon grand-père, qui me racontait souvent des histoires de loups dans cette partie du pays. Il me prévenait que les loups m'attraperaient si je n'étais pas sage ». Au cours des années 1930, il apprend aussi l'harmonica auprès de Sonny Boy Williamson II, le mari de sa demi-sœur, et voyage avec d'autres musiciens de blues tels que Robert Johnson, Johnny Shines, Honeyboy Edwards, Robert Junior Lockwood et Son House. C'est à la même époque qu'il se marie pour la première fois avec la sœur de Willie Brown. Il se remariera plus tard avec Lillie Handley, avec qui il restera jusqu'à sa mort. En 1941, il est appelé sous les drapeaux, mais reste cantonné à Seattle, où il joue souvent pour les soldats, bien que cela ne l'enchante guère. Après la guerre, il retourne travailler dans les champs, pour finalement décider de se consacrer à la musique et former son propre groupe.

Il quitte bientôt le Mississippi pour l'Arkansas, où il devient DJ d'une radio locale, KWEM, à West Memphis, à partir de 1948. C'est là qu'il recrute les membres de groupe, nommé The Houserockers : Willie Johnson à la guitare, Bill Johnson au piano et Willie Steel aux percussions. Se succèderont ensuite les harmonicistes Little Junior Parker et James Cotton, ainsi que les guitaristes Matt Murphy et Pat Hare. Burnett en profite pour abandonner la guitare traditionnelle au profit de la guitare électrique. Son groupe joue le plus souvent dans des bars clandestins ou des maisons closes. En 1951, il est repéré par Ike Turner qui le présente à Sam Phillips, directeur du label Sun Records, ce qui permet à Howlin' Wolf d'enregistrer son premier titre Moanin' at Midnight, avec Ike Turner au piano. Ce disque sera suivi de quelques autres, comme How Many More Years (avec encore Turner au piano), toujours chez Sun, bien que ce soit Chess Records qui distribue ce label. Moanin' at Midnight et How Many More Years seront des succès et se classeront dans les hits-parades américains de Rythm'n'Blues. 

À la fin de 1952, il déménage à Chicago. À partir de cette date, il enregistre de nombreux titres pour Chess, dont Evil et I'm the Wolf en 1954, Smokestack Lightning en 1956 , Sittin' on Top of the World en 1957. Willie Dixon, compositeur et arrangeur attitré de Chess, lui écrit également plusieurs titres qui rencontrent le succès et resteront des classiques du blues : Wang dang doodle et Back Door Man en 1960, The Red Rooster et I ain't Superstitious en 1961, etc.. Dixon devient le contrebassiste du groupe de Howlin' Wolf, aux côtés de James Cotton et de Hubert Sumlin. Howlin' Wolf est alors l'un des trois plus importants joueurs de blues de la scène de Chicagon. Cependant, ses succès restent cantonnés aux états du Sud, alors que, dans ceux du Nord, ils sont ignorés. Ils atteindront malgré tout les côtes anglaises et feront partie des influences de jeunes musiciens anglais comme les futurs membres des Rolling Stones ou des YardbirdsDurant les années 1950 et 1960, il se produit régulièrement dans les clubs de Chicago, comme le Silvio's qui était, à l'époque, l'un des plus renommés. De 1961 à 1964, il participe à des tournées en Europe dans le cadre de l'American Folk Blues Festival, aux côtés de James Cotton et de Hubert Sumlin et, en 1962, il joue au premier International Jazz Festival  de Washington. En 1968, il participe au festival folk de l'université de Chicago. Ses années 1960 sont très riches avec de nombreux enregistrements, des concerts et des tournées américaines et européennes. Parmi les disques produits durant cette période, l'album London Sessions témoigne de l'influence qu'Howlin' Wolf peut avoir sur les musiciens anglais de rock. 

En effet, Howlin' Wolf est accompagné d'Eric Clapton, Steve Winwood, Bill Wyman et Charlie Watts qui reconnaissent ainsi ce qu'ils doivent au vieux bluesman. Cependant, la santé de Howlin' Wolf s'affaiblit et, à la fin des années 1960, il est victime d'une attaque cardiaque. En 1972, il est intronisé docteur Honoris causa de l'université Columbia à Chicago. En 1973, il est victime d'un accident de la route qui entraîne une blessure aux reins, puis est admis, en 1975, à l'hôpital d'Hines, dans l'Illinois, mais il continue sa carrière, autant que faire se peut. Il joue ainsi, en novembre 1975, dans l'amphithéâtre de Chicago, avec d'autres bluesmen dont B.B. King. Il meurt le 10 janvier 1976 d'un cancer des reins. Il est enterré au cimetière de Oak Ridges à Hillside dans l'Illinois. Howlin' Wolf est très tôt une vedette du blues et l'enregistrement de ses premiers disques, à l'âge de quarante et un ans, ne fait que confirmer son succès en lui permettant de toucher une population plus importante. Ces compositions personnelles comme Killin' Floor sont appréciées, mais aussi ses interprétations des morceaux écrits par Willie Dixon. Howlin' Wolf est un des premiers bluesmen à électrifier sa guitare, qui produit souvent un son sursaturé. Bien qu'il ait appris le blues à une période où les bluesmen improvisaient leurs morceaux à partir d'un répertoire commun, il se démarque de cette approche en cherchant l'originalité dans ses arrangements.

Grâce à sa voix puissante et rocailleuse, ponctuée de phrases d'harmonica, de gémissements ou de hurlements imitant le cri du loup, Howlin’ Wolf s’est créé un style bluesy facilement reconnaissable. D'ailleurs, même si c'est aussi un joueur de guitare, il s'entoure d'autres guitaristes pour se concentrer sur son chant « exceptionnel ». La voix de Howlin'Wolf est particulière et diverses hypothèses ont été émises pour l'expliquer. Selon certains, il parviendrait à resserrer sa gorge pour chanter deux notes simultanément, selon d'autres la singularité de sa voix serait due à une maladie enfantine qui aurait touchée ses cordes vocales. Le résultat est qu'il met ainsi particulièrement en valeur les titres que Willie Dixon lui écrit. C'est ce chant âpre, avec une voix forte et déchirante6, qui va marquer fortement les jeunes musiciens anglais et influencer le rock'n'roll, mais aussi les chanteurs des premiers groupes de hard rock comme Robert Plant de Led Zeppelin ou Ozzy Osbourne de Black Sabbath.

L'art de Howlin' Wolf apparaît aussi dans ses prestations scéniques, qualifiées de « tragique(s) et incantatoires(s) », qui le voient comme une véritable bête de scène. S'il est influencé par le jeu de Charley Patton, il développe un style qui lui est propre et il joue sur la scène le rôle d'un homme torturé, en proie à de vives douleurs, le rôle d'un homme qui éprouve la réalité du blues. L'âpreté de son chant correspond à celle de son jeu de scène, fruste et rugueux. En effet, sa taille et son poids imposent naturellement sa présence sur scène, mais il ne se contente pas de cela ; Howlin' Wolf bouge, saute sur la scène, marche à quatre pattes tel un loup pour assurer un show qui puisse ravir les spectateurs. cela passe parfois par des improvisations grivoises, « let me hump you, baby », faites en regardant des femmes dans la salle. La chanson Who’s Been Talkin de Howlin Wolf, écrite en 1957 préfigure le titre Gypsy Queen de Peter Green, composition popularisée par Carlos Santana. Howlin' Wolf a influencé de nombreux musiciens, blancs comme noirs, anglais ou américains, comme les membres du groupe Cream qui a repris Sittin' on Top of the World, ceux du Grateful Dead, les Rolling Stones avec qui il a joué en 1965 dans Shindig une émission de télévision, The Yardbirds mais aussi Jimi Hendrix, John Fogerty, Johnny Shines, Little Wolf etc.

Discographie

  • 1959: Moanin' in the Moonlight
  • 1962: Howlin' Wolf Sings the Blues
  • 1962: Howlin' Wolf
  • 1964: Rockin' the Blues – Live in Germany
  • 1966: The Real Folk Blues
  • 1966: Live in Cambridge
  • 1966: The Super Super Blues Band
  • 1967: More Real Folk Blues
  • 1969: The Howlin' Wolf Album
  • 1971: Message to the Young
  • 1971: Going Back Home
  • 1971: The London Howlin' Wolf Sessions
  • 1972: Live and Cookin' (At Alice's Revisited)
  • 1973: Evil – Live at Joe's Place
  • 1973: The Back Door Wolf
  • 1974: London Revisited
  • 1975: Change My Way
  • 1990: Cadillac Daddy – Memphis Recordings 1952
  • 1997: His Best

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