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Rolling Stones Stories

Les Rolling Stones à Québec City !

Les Rolling Stones à Québec City !

La tournée nord-américaine des Rolling Stones s’est achevée mi-juillet en terre francophone au Festival d’Eté de Québec, devant une foule record. Retour sur un concert événement attendu là-bas pendant des années, mais que Rolling Stone ne pouvait pas manquer…

 

Les Rolling Stones à Québec City !

« Ladies and gentlemen : The Rolling Stones ! » Accueilli par une ovation, après l’annonce habituelle de son entrée en scène, le légendaire groupe de rock anglais mettait un point final à sa troisième tournée internationale depuis 2012, au Festival d’Eté de Québec, déjà un événement en soi ! Dernière date du Zip Code Tour, ce concert programmé le mercredi 15 juillet, sur le site des plaines d’Abraham, était aussi l’occasion pour les Stones de se produire dans une ville où leur dernier passage remontait à 1998, autant dire une éternité pour plus de 100 000 spectateurs venus les applaudir… De la qualité du son qu’offre en façade de la grande scène du festival, à la forme physique des principaux protagonistes, en passant par un répertoire largement puisé dans les années 60 et 70, l’événement recentra la cité fortifiée au cœur de la planète Stones, le temps d’une flopée de tubes historiques et d’émotions hystériques…

Les Rolling Stones à Québec City !

En provenance des Etats-Unis, où le Zip Code Tour a commencé fin mai, les Stones ont posé leurs valises à Montréal, en début de semaine, dans un luxueux palace loué en intégralité pour la durée de leur séjour dans la Belle Province. Au même moment, une partie de leur équipe technique travaille déjà à Québec au montage de l’avant-scène propre à leur spectacle. Certains backliners, comme celui de Charlie Watts, les ont aussi devancé, histoire de veiller aux besoins de chacun. Dés lors, une sorte d’impatience, doublée d’effervescence, s’emparait de la ville, au point qu’il était quasi-impossible de ne pas croiser quantité de gens, venus du Canada, des Etats-Unis et même d’Europe, vêtus d’un t-shirt marqué du logo stonien, la fameuse langue rouge créée en 1970 par John Pasche, étudiant en art au Royal College of Art de Londres. Un an plus tard, elle apparaissait sur la pochette de Sticky Fingers, conçue par Andy Warhol avec la fameuse braguette (Zip en anglais) que célèbre cette tournée, l’album venant juste de se voir rééditer accompagné de bonus. Déjà le bruit court que Rita Bédard, désormais âgé de 61 ans, assistera au concert…

Les Rolling Stones à Québec City !

Cette Canadienne, que Keith Richards a surnommé son « Blind Angel », le guitariste des Stones ne l’a jamais oublié depuis 1978. C’était elle, la jeune fan aveugle qui avait alors convaincu un juge de Toronto de ne pas l’incarcérer après son arrestation pour possession d’héroïne. Sa peine avait été commuée en un concert, le seul des Stones que personne ne vît jamais, puisqu’il fût donné au profit d’un public d’aveugles. Ce mercredi, Keith allait revoir Rita une nouvelle fois, backstage, en milieu d’après-midi, alors que le groupe venait d’arriver à Québec par avion depuis Montréal, découvrant les lieux où se tournerait, quelques heures plus tard, une nouvelle page de son histoire.

Précédé d’une animation vidéo (inutile ?) diffusée sur tous les écrans géants du site, les Rolling Stones déboulent sur scène à 21h30 pétante, comme indiqué sur le programme du F.E.Q. Veste cintrée à paillettes, chemise rouge et pantalon noir, Mick Jagger s’impose immédiatement en maître de cérémonie sur le riff de… « Start Me Up » qui, depuis le début des années 80, a servi de nombreuses fois d’introduction aux shows du groupe, mais qu’importe, le public ne s’en lasse pas. « Merci bien ! Merci ! » lui lance le chanteur, en français, avant d’attaquer « It’s Only Rock’n’Roll »- sorti en 1974 sur l’album du même nom -, qu’il exécute sans mollir, tandis que Charlie Watts tient le rythme avec brio, impérial derrière sa batterie. A 74 ans, qu’il a d’ailleurs fêté le mois dernier, le doyen des Stones n’en est que plus remarquable durant tout le concert, tandis que le moment est venu pour Jagger de saluer ses hôtes francophones, dont il maîtrise parfaitement la langue : « Bonsoir Québec ! Bienvenue au Zip Code Tour. Ca va bien vous ? » interroge-t-il, avant que la foule crie son contentement.

Les Rolling Stones à Québec City !

Particulièrement en forme, le chanteur sexagénaire n’en fini pas d’arpenter les 68 mètres d’ouverture du plateau, auxquels s’ajoute la longue avant-scène où il multipliera les allers et venues, électrisant les premiers spectateurs. Chemise au vent, il tombe la veste quand « Tumbling Dice » succède à « All Down the Line », deux titres issus de l’album Exile on Main Street (1972), non sans avoir remercié Galaxie et The Districts, les groupes québécois et américain qui ont ouvert la soirée en premières parties. Darryl Jones, à la basse depuis 1994 en remplacement de Bill Wyman, reste discret. Plusieurs fois, Jagger se frotte à Ron Wood qui, outre sa guitare en main, se promène un cloppe au bec sans l’allumer, alors que vient le moment de dévoiler la chanson choisie par le public québécois sur le site du groupe. And the winner is : « Street Fighting Man » !

« Vous êtes gentils quand même« , enchaîne Jagger après le morceau. Sans doute y a-t-il aussi noté quelques disfonctionnements entre Ron et Keith ! « On va jouer quelques morceaux de Sticky Fingers, » poursuit-il, désormais en t-shirt à manche longue, révélant d’autant plus un physique maigre et filiforme, à quelques jours de fêter son soixante douzième anniversaire. Suit alors la légendaire balade « Wild Horses », durant laquelle Lisa Fischer et Bernard Fowler, les deux choristes historiques des Stones, s’enlacent tendrement, puis « Bitch », avant que le country « Honky Tonk Women » réchauffe l’ambiance, alors que le chanteur a pris le temps de passer une nouvelle chemise. « Vous êtes tous très chics ! C’est bon de jouer sur les plaines d’Abraham. C’était une bataille pour venir ici ! » ironise-t-il, en ce lieu qui vit s’affronter empires français et britanniques au milieu du XVIIIe siècle. Le temps de présenter l’ensemble du groupe et des musiciens présents sur scène, comme Matt Clifford aux claviers et Karl Denson au sax tenor, chacun doublé par un second instrumentiste, Ron Wood en blouson rouge, looké comme un dompteur de lions, se voit couronner du titre de « roi de poutine » par Jagger, cette spécialité culinaire locale peu ragoutante. Tout sourire depuis le début du concert, Richards – qui ne changera jamais de tenue à l’instar de Charlie – accompagne Watts du regard venir aussi saluer le public, avant que le guitariste prenne le contrôle du micro pour chanter « Before they Make me Run », qu’il avait justement écrite en référence à son arrestation à Toronto sur Some Girls (1978), puis « Happy », à nouveau extrait de Exile on Main Street.

Les Rolling Stones à Québec City !

De retour pour une extented version du tube « Midnight Rambler », sorti de Let it Bleed (1969), Jagger en délivre toutes les parties d’harmonica avec brio, avant de se lancer dans une danse endiablée, pendant que Clifford martèle la partie de piano. Un instant, Wood et Richards se regardent. Aucun des deux guitaristes ne jouent. Oops ! Ils reprennent ensemble, et se lancent dans un duel amical, l’un en face de l’autre. « C’est notre 13eme visite depuis 1965, » annonce le chanteur et comptable des Stones, avant de se saisir d’une guitare électrique pour les accompagner sur « Miss You » (Some Girls) pendant lequel Denson délivre un splendide solo de sax, non sans rappeler Bobby Keys, décédé l’an dernier. Lorsque Mick prend les maracas vient le temps de la mémorable ouverture de Let it Bleed avec « Gimme Shelter », qui conduit Lisa Fischer, seule, au bout de l’avant-scène, annonçant le bouquet final, lancé par les tourneries de riffs de l’excellent « Jumping Jack Flash ». Mick Japper, ensuite drapé d’une cape noire avec un col de plûmes rouges, envoie les premières phrases de « Sympathy for the Devil », diabolique hit de Beggars Banquet (1968). Les spectateurs exultent, jusque dans les espaces réservés aux Very Very Important Personalities, où le P.D.G. de Universal U.S.A. se joint aux traditionnels « hou, houu ! », entonnés sur des plaines d’Abraham, sous le regard goguenard de son homologue de BELL, l’un des principaux sponsors du festival, à l’instant où Richards s’avance sur l’avant-scène. Ron Wood en profite aussi sur « Brown Sugar » – retour à Sticky Fingers -, qui voit le chanteur des Stones courir d’un bout à l’autre du plateau pendant le solo de sax, avant que tout le monde quitte la scène sous les acclamations.

Ce n’est évidemment que pour mieux revenir, porter le coup de Grâce. De part et d’autre de la scène, une trentaine de choristes – québécois et québécoises vêtus de noir -, entame le chœurs gospel de « Can’t Always Get What You Want », le dernier titre de Let it Bleed, toujours aussi bouleversant. Jagger en chemise verte accompagne ses camarades avec une guitare acoustique, qu’il délaisse vite, une casquette à l’ancienne sur la tête, avant que Keith retrouve l’avant-scène lorsque retentit le riff le plus célèbre du groupe, en intro de « Satisfaction », incomparable hymne stonien depuis 1965, de refrain en refrain ad vitam aeternam jusqu’à l’explosion pyrotechnique finale, toutefois relativement modeste au regard de certains concerts passés. « Merci beaucoup Québec ! Merci bien ! » conclut Jagger, tandis que tous les musiciens le rejoignent, avec Richards, Watts et Wood, pour se congratuler avant un salut théâtral au public. Les quatre Stones restent seuls en scène, saluant une dernière fois le public du Festival d’Eté de Québec, deux heures après le début du concert. Et même s’ils ont annoncé remonter sur scène dès l’année prochaine, les paroles de « The Last Time », qu’ils n’ont pas joué, sont dans toutes les têtes. « It could be the last time. Maybe the last time. I don’t know. Oh no… »

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